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Effets, vitesses, titres et son : ce qui se perd

Un XML décrit le montage, pas tout ce que Premiere Pro calcule. Voici ce qui arrive dans DaVinci Resolve, ce qui n'arrive pas, et comment préparer chaque cas à la main.

Guide mis à jour le 3 novembre 2026. Par Théo Vervier, vidéaste et auteur de GRADEFLOW.

Ce qui passe, ce qui ne passe pas

Avec un XML Final Cut Pro exporté depuis Premiere, Resolve reprend en général bien les coupes, les fondus enchaînés, les changements de vitesse constants et le cadrage de base (échelle, position, rotation). Le reste demande une préparation :

  • l'étalonnage Lumetri et les LUT, qui ne passent pas ;
  • les rampes de vitesse faites au remappage temporel ;
  • les séquences imbriquées, les multicams et les calques de réglage ;
  • les effets propres à Premiere, comme la stabilisation ;
  • les titres des Graphiques essentiels, les MOGRT et les compositions After Effects ;
  • les effets audio et une partie du mixage.

La règle qui marche : tout ce qui n'est pas une coupe sur un rush doit être soit rendu en fichier, soit refait dans Resolve. Décidez-le plan par plan avant l'export, dans une copie de la séquence.

Ralentis et rampes de vitesse

Un changement de vitesse constant (Vitesse/Durée) passe le plus souvent. Les rampes faites au remappage temporel passent mal : elles arrivent à vitesse constante, ou avec une durée fausse. Trois solutions, de la plus simple à la plus propre :

  1. Remplacer la rampe par une vitesse constante, si le plan le permet.
  2. Rendre le plan en fichier depuis Premiere (clic droit, Rendre et remplacer, sur une copie de la séquence) et étalonner ce fichier. Rendez-le en ProRes de qualité suffisante, en log si le rush l'est.
  3. Retirer la rampe avant l'export et la refaire dans Resolve avec les courbes de vitesse, sur le rush d'origine. C'est ce que demandent beaucoup d'étalonneurs.

Vérifiez aussi les images figées et la lecture inversée : comparez-les à la vidéo de référence.

Séquences imbriquées, calques de réglage et effets

  • Séquences imbriquées : elles arrivent souvent vides, figées ou en un seul plan. Désimbriquez-les quand c'est possible, sinon rendez-les en fichier.
  • Multicams : aplatissez-les dans Premiere (clic droit, Multi-caméra, Aplatir) pour que chaque plan pointe vers la bonne caméra.
  • Calques de réglage : ils ne transportent pas leurs effets de façon fiable. Retirez-les de la copie de la séquence et refaites l'effet dans Resolve, sur la page Color.
  • Effets propres à Premiere (stabilisation, effets tiers) : rendez le plan en fichier, ou refaites l'effet dans Resolve.

Titres, MOGRT et After Effects

Les titres des Graphiques essentiels et les modèles MOGRT ne se relisent pas dans Resolve : ils manquent ou arrivent vides. Deux méthodes :

  • Rendre chaque titre en fichier avec sa transparence (ProRes 4444 avec couche alpha), puis le poser sur une piste au-dessus dans Resolve.
  • Refaire les titres simples dans Resolve, avec Text+.

Les compositions After Effects reliées par Dynamic Link ne sont pas lues par Resolve : rendez-les depuis After Effects et remplacez-les dans la copie de la séquence. Pensez à les rendre de nouveau si la composition change.

Une autre méthode consiste à étalonner une version sans titres, puis à poser les titres sur le fichier exporté par Resolve. Elle évite d'étalonner les titres, mais ajoute une étape de finition.

Le son

Le XML transporte les plans audio, mais le résultat dépend des rushs : les fichiers à plusieurs canaux (caméras à quatre pistes, enregistreurs de terrain) arrivent parfois avec des canaux muets ou mal répartis, et les niveaux sont à vérifier à l'écoute. Les effets audio (égaliseurs, compresseurs, Essential Sound) ne passent pas.

Deux choix courants :

  • Si le mixage est fini dans Premiere, exportez-le en WAV (le mixage complet ou des stems) et posez-le dans Resolve, calé sur le timecode de la séquence. Ce sera le son de l'export final.
  • Si le mixage se fait dans Fairlight, importez la timeline avec ses plans audio, puis vérifiez la répartition des canaux dans les attributs des plans, piste par piste.

Ce que fait GRADEFLOW

GRADEFLOW trie chaque plan avant de l'envoyer. Les ralentis, accélérations, rampes et la lecture inversée partent sur le rush d'origine, avec les points posés dans Premiere : la rampe reste modifiable dans Resolve. Une image figée devient une image figée de Resolve.

Les séquences imbriquées, les multicams et les effets que Resolve ne lit pas, comme la stabilisation, sont rendus par Premiere en ProRes 4444. Les compositions After Effects sont rendues par After Effects et restent reliées : le bouton « Mettre à jour les compositions After Effects » remplace celles qui ont changé sans toucher à l'étalonnage. Les titres simples deviennent des textes Text+ modifiables ; les titres animés et les MOGRT sont rendus avec leur transparence, sur leur piste.

Pour le son, chaque piste de Premiere devient une piste de Resolve, avec les niveaux, le gain, les images clés de volume, les fondus, le panoramique et les faders. Les effets audio ne passent pas non plus avec GRADEFLOW : Resolve ne permet pas de les poser par script. Le rapport d'envoi les liste piste par piste. Lumetri et les LUT de Premiere ne partent pas, et un calque de réglage ne garde que les réglages de base de Lumetri.

On étalonne et on exporte dans Resolve. GRADEFLOW demande un Mac Apple Silicon sous macOS 15 ou plus, Premiere Pro 2025 ou 2026 et DaVinci Resolve Studio 21. La liste complète, limites comprises, est sur la page Fonctionnalités. Les ventes ne sont pas encore ouvertes.

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